Le Bois de la Citadelle, lieu très pratiqué par les promeneurs en semaine comme le week-end, se situe au coeur de la campagne de Mategnin. Source du Nant d’Avanchet, le bois est caractérisé par la présence d’anciens fossés de drainage des parcelles agricoles voisines. Il constitue, par sa taille et ses cheminements, un des principaux lieux capables d’attirer les promeneurs hors de l’espace agricole.

Au début du XIXème siècle, le site – anciennement marécageux – a été progressivement asséché par différents canaux et drainages réalisés par des agriculteurs·ices cultivant les environs. L’idée porteuse du projet est alors de rendre à ce site son passé naturel de milieu humide tout en pouvant accueillir le public.

Outre son intérêt écologique, la retenue d’eau devient aussi un îlot de fraîcheur pour les genevois lors des périodes estivales. Les craintes d’un envahissement de moustiques en période estivale ont été dissipées grâce à l’installation d’un écosystème retrouvé : grenouilles, salamandres et crapauds régulent leur population.

Le marais retrouvé se met en place un à trois jours par année lors de fortes précipitations cumulées à la fonte des neiges. Lors de ces événements météorologiques exceptionnels, le disque central devient un miroir d’eau au cœur du Bois de la Citadelle. Cette vaste étendue d’eau modifie le milieu forestier qui s’est formé au fil des années. Naturellement, une clairière se fait jour, peu à peu.

Puis, arrive la décrue. L’étiage se concentre dans l’anneau central et permet aux espèces de subsister durant les périodes de sécheresse. L’écosystème se rétablit : oiseaux, batraciens, insectes, chauves-souris retrouvent leur place au cœur du bois.

Rendre l'eau à la terre, l'effet castor
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Cette démarche résonne avec l’ouvrage Rendre l’eau à la terre de Baptiste Morizot et Suzanne Husky, qui théorise la nécessaire « fin de l’ère du drainage ». Les auteurs y démontrent que deux siècles d’assèchement des sols ont appauvri les écosystèmes et aggravé les épisodes de sécheresse comme d’inondation. Face à cela, ils défendent un « effet castor » : ralentir et retenir l’eau là où elle tombe, plutôt que de l’évacuer. Le projet du Bois de la Citadelle incarne précisément, à sa modeste échelle, ce renversement de paradigme : en neutralisant les anciens fossés de drainage agricole et en reconstituant un cycle hydrologique naturel, il redonne au sol sa capacité d’absorption et de régulation. L’eau cesse d’être une contrainte à maîtriser pour redevenir le moteur d’un territoire vivant — condition première du rétablissement durable de la biodiversité observé au cœur du bois.

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CARACTÉRISTIQUES
Affaire 1810_MAP Lieu Meyrin Type Aménagement, Renaturation Usages Sport et loisirs, Promenade Statut Construit Procédure Gré à gré Coûts 306'000 CHF HT Conception Réalisation 2018 – 2021 Distinction
INTERVENANTS
Maître d'ouvrage OCAN Architecture Architecture du paysage apaar_ Urbanisme Participation Génie civil CERA SA Géomètre Éclairagiste Construction Bois Géologie / géotechnique Physique du bâtiment Ingénierie CV Ingénierie S Ingénierie E Ingénieur mobilité Photographie Timothé Beuret
ENTREPRISES
Terrassement Paysagiste Martin Paysage SA Génie civil Maçonnerie Charpente Couverture Menuiserie ext. Menuiserie int. Crépis Serrurerie Stores Chapes Carrelage Parquet Cuisines Plâtrerie-peinture Chauffage Ventilation Sanitaire Électricité
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